Le Chemin de Stevenson séduit chaque année des milliers de marcheurs grâce à son parfait équilibre entre accessibilité et dépaysement. Ce GR70 de 250 kilomètres, qui relie Le Puy-en-Velay à Saint-Jean-du-Gard, offre une aventure humaine et naturelle sans exiger de compétences techniques particulières.
Nous observons régulièrement que les randonneurs apprécient particulièrement :
- La diversité exceptionnelle des paysages traversés, des plateaux volcaniques aux gorges cévenoles
- L’excellente qualité du balisage et des infrastructures d’accueil
- La possibilité d’adapter le parcours selon son niveau et ses envies
- L’héritage littéraire et culturel laissé par Robert Louis Stevenson en 1878
Cette randonnée mythique convient aussi bien aux marcheurs réguliers qu’aux familles motivées, à condition de bien comprendre ses spécificités. Voyons ensemble ce qui vous attend réellement sur ce chemin légendaire.
Quelle est la vraie difficulté du Chemin de Stevenson ?
Nous qualifions le Chemin de Stevenson de randonnée de niveau modéré, accessible à tout marcheur en bonne condition physique. Sur l’échelle du Club Alpin Français, il se situe entre le niveau 1 et 2, soit une randonnée simple à moyenne montagne.
La particularité de ce parcours réside dans sa régularité : vous marcherez entre 4 et 8 heures par jour pendant 12 à 14 jours consécutifs. Cette continuité demande davantage d’endurance que de performance athlétique. Nous constatons que la principale difficulté n’est pas technique mais physique : enchaîner les journées de marche avec un sac sur le dos sollicite le corps de manière cumulative.
Rassurez-vous, aucun passage n’exige d’équipement d’alpinisme ni de compétences spécifiques en orientation. Les sentiers sont parfaitement tracés, le balisage rouge et blanc du GR est omniprésent, et vous croiserez régulièrement d’autres randonneurs avec qui échanger conseils et encouragements.
Distance, durée et dénivelé du parcours complet
Le tracé officiel s’étend sur environ 250 à 275 kilomètres selon les variantes choisies. La plupart des marcheurs complètent l’intégralité en 12 à 14 jours, avec des étapes variant de 13 à 28 kilomètres, généralement comprises entre 18 et 22 kilomètres.
Le dénivelé cumulé représente en moyenne 615 mètres de montée par jour, ce qui reste tout à fait raisonnable pour un randonneur habitué. Certaines étapes dépassent toutefois les 700 mètres de dénivelé positif, notamment autour du Mont Lozère.
Nous vous recommandons de prévoir des journées de 5 à 7 heures de marche effective, en comptant les pauses. Cette cadence permet de profiter pleinement des paysages sans épuiser vos réserves pour le lendemain. N’oubliez pas que l’accumulation de fatigue sur plusieurs jours constitue le véritable défi de cette randonnée.
Les portions les plus exigeantes du Chemin
Trois sections méritent une attention particulière dans votre préparation. La montée vers le Mont Lozère, entre Le Bleymard et Pont-de-Montvert, représente l’étape la plus sportive avec ses 20 kilomètres et 6h30 de marche. Les pentes y sont raides et le dénivelé conséquent, avec des passages exposés au vent et au soleil.
La traversée de la Margeride, bien que moins spectaculaire, demande également un effort soutenu sur des terrains parfois monotones où le mental joue un rôle important. Ces plateaux ondulés cumulent les montées et descentes courtes mais répétitives.
Enfin, la descente finale vers les Cévennes garde et Saint-Jean-du-Gard sollicite particulièrement les genoux sur des chemins caillouteux en forte pente. Nous conseillons vivement l’usage de bâtons de marche sur cette portion pour préserver vos articulations.
Chemin de Stevenson : pour quel niveau de marcheur ?
Nous accueillons régulièrement au Pullman Toulouse des randonneurs ayant accompli ce chemin, et leurs profils sont variés. Un marcheur occasionnel pratiquant une activité physique régulière peut parfaitement réussir cette randonnée avec une préparation adaptée de 2 à 3 mois.
Les marcheurs confirmés apprécieront la longueur du parcours et sa variété, tout en trouvant les difficultés techniques limitées. Nous constatons que même des personnes de plus de 70 ans complètent régulièrement l’intégralité du tracé, preuve que l’âge importe moins que la préparation.
Le point essentiel reste votre capacité à marcher plusieurs heures consécutives, plusieurs jours d’affilée, avec un sac de 8 à 12 kilogrammes sur le dos. Si vous pouvez accomplir une randonnée de 20 kilomètres avec 500 mètres de dénivelé sans difficulté majeure, vous possédez le niveau requis.
Comparaison avec d’autres grands GR français (GR20, Compostelle…)
| Critère | GR70 Stevenson | GR20 Corse | GR65 Compostelle |
| Niveau technique | Facile | Très difficile | Facile |
| Dénivelé quotidien moyen | 615 m | 1200 m | 400 m |
| Distance totale | 250 km | 180 km | 750 km |
| Durée moyenne | 12-14 jours | 15-16 jours | 30-35 jours |
| Passages exposés | Rares | Fréquents | Aucun |
| Affluence | Modérée | Forte | Très forte |
Le Chemin de Stevenson se positionne comme un excellent compromis entre le GR20, réputé pour être le plus difficile d’Europe avec ses passages d’alpinisme, et le Chemin de Compostelle, plus long mais techniquement moins exigeant. Nous le recommandons comme une première grande randonnée itinérante idéale avant de s’attaquer à des défis plus corsés.
Marcher avec un âne ou un sac : quelle différence de difficulté ?
L’option de l’âne de bât transforme radicalement l’expérience. Votre compagnon à longues oreilles peut porter jusqu’à 35 kilogrammes de matériel, vous permettant de marcher avec un simple sac à dos léger contenant vos affaires de la journée.
Cette formule réduit considérablement la fatigue musculaire et articulaire, particulièrement sur les descentes. Nous constatons que les familles avec enfants optent massivement pour cette solution : l’âne devient une attraction en lui-même et motive les plus jeunes dans les moments difficiles.
Attention néanmoins, randonner avec un âne impose son propre rythme et ses contraintes. Vous devrez prévoir son hébergement, adapter votre allure à la sienne, et apprendre à le guider correctement. Comptez un budget supplémentaire de 70 à 100 euros par jour pour la location et la pension de l’animal.
Difficulté selon les saisons et la météo
Le printemps, de mai à juin, offre des conditions idéales avec une nature verdoyante et des températures clémentes oscillant entre 15 et 25 degrés. Les chemins peuvent néanmoins rester boueux après les pluies d’avril, rendant certains passages glissants.
L’été transforme le chemin en fournaise, particulièrement sur le Mont Lozère et les plateaux exposés. Les températures dépassent régulièrement 30 degrés, multipliant les besoins en eau. Nous déconseillons cette période aux personnes sensibles à la chaleur et aux familles avec jeunes enfants.
L’automne rival le printemps en termes de confort, avec des paysages flamboyants en septembre et octobre. Les journées raccourcissent mais les températures restent agréables. L’hiver rend le parcours impraticable sur sa partie centrale : neige, verglas et fermeture des hébergements entre novembre et mars interdisent toute tentative sans expérience alpine.
Bien se préparer physiquement avant le départ
Nous insistons sur l’importance d’une préparation progressive débutant au minimum deux mois avant votre départ. Commencez par des sorties hebdomadaires de 2 à 3 heures, en augmentant graduellement la durée et le dénivelé.
Un bon programme inclut trois sorties par semaine : une randonnée longue le weekend (4 à 6 heures), une sortie moyenne en semaine avec dénivelé (2 à 3 heures), et une activité complémentaire comme la natation ou le vélo pour développer l’endurance cardiovasculaire.
Habituez-vous progressivement au port du sac à dos chargé. Commencez avec 5 kilogrammes et ajoutez un kilo chaque semaine jusqu’à atteindre le poids que vous porterez réellement. Testez impérativement vos chaussures sur plusieurs longues sorties pour les assouplir et identifier les points de friction avant le grand départ.
L’équipement idéal pour randonner confortablement
Les chaussures constituent l’élément primordial : privilégiez des modèles montants, imperméables, avec une semelle Vibram offrant une bonne accroche. Évitez le cuir non rodé qui provoque immanquablement des ampoules. Des chaussures de qualité coûtent entre 120 et 200 euros mais représentent le meilleur investissement possible.
Votre sac à dos de 35 à 55 litres doit disposer d’une ceinture ventrale pour répartir le poids sur les hanches. Limitez son contenu à 10 kilogrammes maximum, soit environ 15% de votre poids corporel. Utilisez les services de portage de bagages comme La Malle Postale ou Transbagages pour transférer vos affaires d’étape en étape.
Les bâtons de marche ne sont pas optionnels : ils réduisent de 25% la pression sur les genoux en descente et améliorent considérablement l’équilibre. Prévoyez également deux gourdes d’un litre minimum, une veste imperméable respirante, des vêtements techniques en couches, chapeau, lunettes de soleil et crème solaire haute protection.
Adapter les étapes selon son âge ou son niveau (familles, seniors…)
Les familles avec enfants de moins de 12 ans doivent impérativement réduire les distances quotidiennes à 12-15 kilomètres maximum. Nous suggérons de concentrer l’expérience sur 5 à 7 jours en sélectionnant les étapes les plus faciles et les plus ludiques, notamment celles permettant des baignades ou des découvertes animalières.
Pour les seniors en bonne forme, la clé réside dans l’écoute de son corps et l’acceptation d’un rythme plus lent. Planifiez des étapes de 15 à 20 kilomètres avec possibilité de raccourcir en utilisant les taxis locaux si nécessaire. Les services de portage deviennent quasiment indispensables pour préserver articulations et énergie.
N’hésitez pas à fractionner le parcours en deux séjours distincts : la partie nord du Puy à Chasseradès une première année, puis la partie sud jusqu’à Saint-Jean-du-Gard l’année suivante. Cette approche réduit la pression et permet de savourer pleinement chaque section.
Les erreurs à éviter sur le Chemin de Stevenson
La première erreur consiste à surestimer ses capacités et à partir sans préparation suffisante. Nous avons rencontré de nombreux randonneurs contraints d’abandonner dès les premiers jours à cause d’ampoules, de tendinites ou simplement d’épuisement.
Ne sous-estimez jamais vos besoins en eau : par temps chaud, comptez 3 à 4 litres par jour. Les points de ravitaillement ne sont pas systématiques sur toutes les étapes. Partez toujours avec vos gourdes pleines et remplissez-les dès que possible.
Autre piège classique : porter un sac trop lourd par excès de précaution. Chaque gramme compte sur 250 kilomètres. Limitez-vous à trois tenues complètes que vous laverez régulièrement, et résistez à la tentation d’emporter tout votre attirail technologique. Un smartphone avec batterie externe suffit amplement.
Conseils pratiques pour profiter pleinement de la randonnée
Réservez vos hébergements au moins trois mois à l’avance, surtout si vous randonnez en juillet-août. Les gîtes d’étape affichent complet très rapidement sur les sections populaires. Utilisez le site officiel du chemin ou passez par une agence qui gérera ces aspects logistiques.
Adoptez un rythme régulier dès le premier jour sans chercher la performance. Marchez lentement mais sûrement, en privilégiant la constance à la vitesse. Faites une pause de 10 minutes toutes les heures pour vous hydrater, grignoter des fruits secs et admirer le paysage.
Accordez-vous une journée de repos complète à mi-parcours, idéalement à Florac ou Chasseradès. Cette coupure permet à votre corps de récupérer et réduit considérablement les risques de blessure sur la seconde moitié du parcours. Profitez-en pour laver votre linge, réviser votre équipement et découvrir tranquillement le patrimoine local.
Bilan – Un chemin accessible, mais à bien préparer
Le Chemin de Stevenson mérite pleinement sa réputation de grande randonnée accessible et formatrice. Sa difficulté modérée le rend envisageable pour la majorité des marcheurs motivés, tout en offrant suffisamment de défis pour procurer un sentiment d’accomplissement légitime.
Nous vous encourageons vivement à tenter cette aventure en respectant trois principes fondamentaux : préparez-vous physiquement plusieurs semaines à l’avance, investissez dans un équipement de qualité adapté à vos pieds, et acceptez d’avancer à votre propre rythme sans comparaison avec les autres randonneurs.
Ce chemin magnifique traverse des territoires préservés où le temps semble suspendu. Au-delà de l’effort physique, vous vivrez une expérience humaine profonde, rencontrerez des personnages attachants, et reviendrez transformé par ces deux semaines d’immersion totale dans la nature. Le Chemin de Stevenson ne se contente pas de relier deux villes : il trace un pont entre votre vie quotidienne et une version plus essentielle de vous-même.

